EPINEPHELUS alexandrinus EPINEPHELUS caninus, mérou noir.

ML'abadèche : Epinephelus alexandrinus ( Vallenciennes)
On l'appelle entre nous " badicha ". C'est un poisson ressemblant au mérou. D'ailleurs, les néophytes s'y trompent souvent. Moyen de différentiation immédiat : on presse légèrement sur la largeur de la queue du poisson , si elle reste ronde aux extrémités (convexe), alors c'est un mérou. Par contre, si elle présente deux pointes(concave), c'est une badèche. Bien sûr, les connaisseurs la reconnaissent du premier coup d'œil ! Elle a une tête pointue, une mâchoire inférieure prohéminente, un corps allongé comprimé latéralement, 3 épines operculaires. Sa nageoire caudale est légèrement échancrée chez l'adulte. Son dos et ses flancs sont brun-olivâtre. Son ventre est plus clair. Les flancs, surtout chez les jeunes, sont barrés de lignes longitudinales foncées. D'ailleurs, on la reconnaît sous l'eau par ces stries justement (comme la saupe).

Il existe une 2ème variété d'abadèche communément appelée mérou noir : Epinephelus caninus (Walbaum). Elle a 3 bandes noirâtres barrant l'opercule, et ses nageoires impaires sont lisérées de jaune. C'est un très bon poisson du point de vue culinaire. On le recherche souvent. Des pièces d'une à deux livres sont courantes. Elle dépasse largement 8 kg pour plus d'1 m. C'est un poisson vivant entre deux eaux, mais toujours près du fond. Elle ne se prend généralement qu'à l'agachon, les petites pièces à la coulée. C'est un poisson très mobile (comme l'oblade ) et très curieux, mais restant toujours hors de portée du fusil. On les trouve par petits groupes de 3 à 5 au pied des " djebels " (monts). Elles affectionnent les fonds sableux vaseux entre les roches. Les belles pièces( 2 à 4 kg ) sont très dures à approcher, car très craintives. Plus d'une fois, la badèche a failli me noyer car "j'oubliais " de laisser un peu de souffle pour monter les mètres me séparant de la surface, tant j'attendais et espérais son approche. A l'agachon, elle fait mine de s'approcher puis revient à bonne distance de l'arbalète et reste là à vous narguer. Si vous tenez assez ; tout d'un coup, elle viendra carrément sur vous. Il faut être muni d'un fusil longue portée( 90cm suffit largement ), le fil reliant la flèche au fusil doit être un peu long (minimum 3m ). Après le tir, on s'arc-boute sur le relief, à genoux, pour la tirer vers soi. Quelle belle lutte !
On l'a essayée à la braise, à la vapeur, frite, " coucha "(au four) et à la sauce tomate : c'est succulent ! D'ailleurs, lorsqu'on se prépare pour une partie de chasse, on demande toujours aux femmes, histoire de rigoler, ce qu'elles voudraient commander pour le dîner : sar, rouget, corb, mérou ou badicha et invariablement leur réponse est : " Badicha ! Badicha ! ", sauf maman : un rouget pour moi.
Notre plus grosse prise : 3,7 kg ( zein-eddine ).

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