L'homme appelé à s'introduire dans un monde qui n'est pas son milieu naturel rencontrera une multitude de problèmes et dangers nouveaux pour lui.
On essayera de les classer en 3 catégories principales:
Dangers physiques
Dangers relatifs à la faune
Dangers relatifs aux poissons.
I. Dangers physiques : ils sont liés directement au chasseur. Il va de soi que toute forme de maladie, si minime soit elle, éloigne le chasseur de son activité aquatique. Pour affronter un milieu étranger à l'être humain et avant toute chose il faut être en excellente forme physique et mentale.
Fatigue : Après de longues heures de palmage et après une énième plongée, il faut savoir que l'air vous saoule une fois à la surface et vous sentez des bourdonnements. C'est le signal d'alarme! Le gaz carbonique CO2 était en train de s'amonceler dans les poumons et l'apport d'oxygène a provoqué cette lassitude. La limite dangereuse après laquelle tout peut basculer est atteinte. il faut avoir le courage de tout abandonner, poissons et même matériel (s'il est au fond). On ne perd rien pour attendre. La fatigue provoque la syncope et celle-ci prévient rarement. La syncope est une perte de connaissance momentanée. Sous l'eau, c'est la mort certaine par noyade. Souvent, elle survient à la remontée à moins de 10 m sous l'eau. Voilà pourquoi c'est préférable de chasser à deux surtout lorsque le fond est important. Un chasseur plonge tandis que l'autre le suit de la surface et vice-versa. On n'est pas obligé de plonger sur la même pierre! Seulement, on nage côte à côte, à une vingtaine de mètres mais on se surveille mutuellement. On peut chasser tout seul et dans des fonds importants. Il faut seulement se connaître parfaitement malheureusement même des chasseurs confirmés se sont faits prendre ainsi. La vue du poisson est ensorcelante et souvent on s'oublie.
Crampes : la crampe en elle même n'est pas dangereuse mais suivant l'état de la mer et l'éloignement de la côte, elle peut conduire à l'affolement qui, lui, peut être fatal. il faut étirer le muscle dans le sens contraire de la contraction. Par exemple, pour une crampe au mollet (la plus courante) essayer de prendre la palme à pleine main et tirer vers soi. Des fois, un pincement suffit. Ces crampes sont dues généralement à un manque d'entraînement ou à des vêtements trop serrés : chaussons, palme, ... Le calme et la sérénité sont les maîtres mots en pareils cas. Tout se passe dans la tête.
II. Dangers de la faune : Liés à la surface et au fond marin.
Mauvaise mer : L'endroit supposé connu, il faut toujours préserver ses arrières. Entrer dans l'eau par un endroit relativement abrité (couloir, petite crique) et ressortir par le même. A la sortie, il y a toujours quelqu'un du groupe qui nous dirige vers le "grauss" ou passage d'où l'on est rentré. Souvent, on pose nos cabas et serviettes sur un rocher élevé non loin du couloir pour servir de repère. Bien sur, même sans guide, on ne perd jamais le sud. Par mauvais temps, il ne faut pas s'approcher exagérément des roches immergées. Après un ou deux vols planés sur la roche, on apprend vite.
Le courant : C'est notre ennemi numéro 1. il fatigue beaucoup le chasseur sous-marin mais j'aime bien quand il y a du courant car le poisson l'affectionne aussi, surtout les prédateurs. Attention surtout aux courants de fonds, ils sont traîtres. Ils peuvent vous bloquer au fond. Quand le courant est fort, on utilise de petites astuces comme un jeu de ballons solidement accrochés au fond. On s'accroche pour s'hyperventiler et après la plongée on ressort par le deuxième, pour se reposer. Ensuite on revient au premier et ainsi de suite. C'est très pratique et comme le poisson grouille au fond, on peut à chaque plongée ressortir avec une prise.
Bateaux : Je ne sais si les marins pêcheurs le font exprès mais on a constaté une chose: il y a plus de va et vient de barques autour de nous lorsque l'on chasse avec le ballon. Donc de plus en plus de dangers. Et beaucoup de bruit ! Lorsque l'on se fait plus discret (chasse sans ballon), rarement passe près de nous une embarcation. Dommage et tant mieux ! Mais à présent le ballon est devenu obligatoire. Les gardes côtes ne tergiversent plus. Il ne faut surtout pas se fier au bruit de l'embarcation ! A plusieurs reprises, j'ai failli tirer sur le "squale" du moteur surgi de nulle part qui n'était en fait qu'une barque se mouvant par des rames, l'eau n'étant pas toujours claire. Il faut faire très attention, un coup sur la nuque et adieu! Combien de marins pêcheurs se savent pas nager! Et il faudrait qu'ils sachent décompresser en plus, si vous coulez.
Filets et fils : En général, les filets sont signalés, en surface mais leur pose au fond est inconnu. En plus, ils peuvent être invisibles suivant la clarté de l'eau. Il faut vraiment s'être emmêlé une palme dans un filet pour connaître la panique que cela peut provoquer. Dès qu'on voit leurs signaux, on cherche plus où se trouve le filet que le poisson. Il y a cependant plus dangereux, c'est les morceaux de filets accrochés au fond. Et voilà où le poignard montre toute son utilité. Les profanes voyant le chasseur avec le couteau sur le mollet s'imaginent toujours que c'est pour combattre je ne sais quel pieuvre ou requin ! On n'insistera jamais sur toute saillie du matériel qu'il faut éliminer ou minimiser (voir mérou): gaine du poignard, sangles de palmes, lest de ceinture. Enrouler les sangles de plusieurs couches de "chatterton", la boucle de largage de la ceinture n'est pas un mythe! Vérifier toujours sa position ombilicale car la ceinture a tendance à se "promener" autour de la taille. Lors de la chasse de la liche, prendre garde au fil reliant la flèche au moulinet.
Trous : Bien étudier le trou ou rague avant de s'y engager. Le poignard doit être à portée de main (cuisse, ceinture) car souvent on ne peut plier les jambes dans un "tunnel" si le couteau est accroché au mollet. Ne pas confondre raguer et faire de la spéologie.
Armes : Ne jamais diriger une arme chargée vers le coéquipier cela va de soi ! Toujours charger (début de chasse) et décharger l'arbalète dans l'eau. Ne jamais se fier à la sécurité car parfois une flèche part toute seule.
II . Dangers relatifs aux poissons et autres :
Poissons: araignées : Certaines raies (mourine et tchoutche) sont dangereuses par leur venin ou dard. Evitez tout simplement de les chasser. Si c'est ce qu'il y a, les manier avec précautions. Après avoir piqué une trembleuse, la tirer par le fil. le temps qu'elle se décharge.
Oursins : Portez des gants, leurs piqûres seront moindres. Dès la fin de la chasse, on les enlève tout de suite avec une pince à épiler ou aiguille (stérilisée) après avoir passé de l'huile d'olive sur l'endroit. Cela prendra du temps mais c'est radical ! le lendemain, plus aucune douleur. On a remarqué que si on les laisse une nuit dans le corps, ces épines "s'enfoncent plus" et feront très mal.