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Matériel

Le masque :

C'est de loin l'outil le plus indispensable au chasseur. On peut tout bricoler à part le masque. Il faut être très pointilleux pour l'achat d'un masque. Il en existe plusieurs modèles qui ne se différencient que par un détail insignifiant d'apparence mais ô combien important. Le masque se compose de trois parties : le corps, la vitre (ou les vitres) et les sangles.

Que demander au masque ? u'il soit étanche, compensateur (pression), confortable et qu'il ait un grand champ de vision.

Le poignard :

  • fonction essentielle : couper toutes sortes de fils (cordes, filets, …)
  • fonction secondaire : tuer le poisson avant de l'accrocher.

Il y a bien sur différentes sortes de couteaux ( poignards, dagues). Le principal est de l'avoir sur soi. Où l'accrocher ? A la ceinture, à la cuisse ou au mollet ?

La plupart des chasseurs l'accrochent au mollet. Comme l'a si bien remarqué Ely Boissin, il est plus logique d'avoir le couteau à portée de main (en étant allongé). Donc le meilleur endroit est la ceinture (à la rigueur la cuisse). On ne sait jamais dans quelle position on restera accroché au fond.

Le lestage : c'est un ensemble de plombs (1/2 à 1 kg ) placé à la ceinture.

fonction du lest: le chasseur sous-marin doit se lester pour pouvoir s'immerger car il doit vaincre la flottabilité du néoprène de sa tenue de plongée. Chaque chasseur possède son lestage propre, il dépend :

  1. Tenue (2 à 7 mm ) ; salopette seule (été) ou tenue complète.
  2. Masse volumique du chasseur qui varie suivant : densité des os, capacité de la cage thoracique en air, quantité de graisse.

En général, un chasseur équipé de pied- en-cape doit choisir un lest de telle façon qu'à 7 ou 8 mètres de profondeur , il reste en équilibre sans faire aucun mouvement. En réalité, ce n'est pas aussi simple. Il y a d'autres facteurs qui interviennent. Chasser à 20m de profondeur ou à 3 mètres est totalement différent. Tenir compte aussi du courant.

Règle en or : se lester au minimum ! Peiner pour descendre (minimum de lest) est plus agréable que suer pour remonter (surtout au delà des 15m). On le sent au décollage !

On prend nos dispositions selon les coins où on va chasser .

* répartition du lest :

  1. lier les plombs entre eux car ils ont tendance à circuler sur la ceinture, et de ce fait changent la position de la boucle de largage.
  2. fixer des plombs aux chevilles (250 à 500g) pour plaquer les membres inférieurs au sol (agachon, position couchée). Ne jamais les fixer aux palmes ! c'est notre moteur.
  3. on a essayé le baudrier mais rien ne vaut la traditionnelle ceinture. C'est plus facile à larguer et tant pis pour les lombaires ! Sécurité oblige. La ceinture est aussi plus pratique pour changer les plombs.

Tenue de chasse :

Le chasseur sous-marin reste très longtemps dans l'eau. Pour cela, combattre le froid nécessite un habit contre le froid, un habit isothermique s'impose. Le choix de la combinaison sera primordial. Les marques sont nombreuses et les modèles différents. Les tailles vont de 1 à 5 et l'épaisseur du néoprène de 3 à 7 mm . L'habit se compose de 2 pièces: veste et salopette. La couleur n'a aucune importance bien que je préfère la couleur eau (bleu, vert). Devant tant de choix, on perd souvent le nord. Le néoprène refendu est actuellement la matière la plus employée pour la fabrication de ces habits: il est souple, élastique (respiration) et chaud (isothermique: garde la chaleur). L'habit du chasseur a une coupe préformée (au niveau de épaules) car celui-ci reste presque constamment les bras allongés. Premier signe pour reconnaître un habit de chasse contrairement à un habit isothermique de plongée libre. pour plus d'étanchéïsté, choisir la veste dite "barboteuse". Eviter celle avec fermeture à glissière, l'étanchéïté n'est pas excellente et "l'espérance de vie" de la fermeture n'est jamais bien longue. Donc deuxième point important: barboteuse. Bien sûr, d'autres "options" quoique secondaires vous donneront plus de confort et de longévité à l'habit: renfort coudes et genoux et surtout un renfort de chargement de fusil (pièce additionnelle sur la poitrine).

Salopette : j'enfile un sachet en plastique du commerce dans mon pied droit par exemple ensuite j'enfile la jambe de la salopette. Cela va tout seul! je répète l'opération avec l'autre pied.

Barboteuse : enfilez les bras d'abord, un à un jusqu'aux épaules ensuite la tête. Le néoprène colle à la peau, pour cela on peut utiliser du talc ou mieux de l'eau tiède et savonneuse dans un thermos. pour ma part, je m'enduis les bras, le torse et ledos d'huile d'olive (ce film d'huile augmente l'isothermie au cours de la chasse), j'enfile des sachets sur chaque main et le tour est joué. Le problème est plus grand pour enlever la barboteuse que pour l'enfiler. Généralement, un autre coéquipier vous aide. En ce qui me concerne, je me suis habitué à l'enlever seul; après maintes contorsions c'est vrai. Ainsi, je m'entraîne au cas où chassant seul je me retrouverais prisonnier de mon habit la sortie de l'eau! Et cela m'est souvent arrivé.

L'arbalète ou fusil-harpon :

C'est l'arme du chasseur. Il en existe plusieurs variétés : fusil à sandows; à air comprimé; à cartouche de C02 et à ressort. L'essentiel c'est qu'il propulse la flèche sur le poisson. A nos débuts, on chassait sous l'eau avec un arc et on attrapait du poisson. Bien sûr, surtout surtout le gibier immobile telle la rascasse, la raie. Mais il nous arrivait d'épingler des sars, pourtant si vifs. Ce fût un bon entraînement pour acquérir le travail d'approche du poisson. Les armes les plus courantes maintenant sont: l'arbalète et le fusil à air comprimé.

Fusil à air comprimé : la flèche est propulsée par de l'air comprimé dans une chambre. Il est surtout utilisé pour le très gros gibier. Très maniable (surtout le pistolet), c'est une arme idéale pour la chasse à trou.

Arbalète : la meilleure arme pour nos eaux. C'est un arc sophistiqué avec gachette. Elle est simple , polyvalente, légère, solide et durable. On peut tirer un rouget de 200g et 5 minutes après un mérou de 20 kg !

  • Propulsion: sandows ou élastiques + obus
  • Crosse : système de maintien et de libération de la flèche.
  • Tube : support de la flèche, en matière légère (Al.) et généralement en prisonnant de l'air pour rendre le fusil flottant après le tir.
  • Tête : guidage de la flèche, fixation des sandows et du fil.
  • Flèche : c'est le harpon, la balle du chasseur. Elle est reliée au fusil par un fil. Elle est munie d'un ardillon pour retenir le poisson après l'avoir transpercé. On peut facilement bricoler toute l'arbalète, à part les sandows. A nos débuts et après l'arc, notre première arbalète était confectionnée à partir d'un manche à balai!

 

Tuba :

Il a résolu le problème de la nage en surface tout en continuant à pouvoir contempler les fonds marins. Pour le choix de votre tuba, il y a trois points à considérer :

* Le diamètre et la longueur qui déterminent l'aisance respiratoire. Tuba court pour des eaux calmes, tuba long s'il y a de la houle.
* La qualité de l'embout : en silicone pour un meilleur confort en bouche.
* A soupape : pour faciliter l'évacuation de l'eau.

Pour notre part, on utilise des tubas classiques. On n'a pas à se plaindre !

Palmes :

Elles se distinguent entre elles par leurs longueurs (déterminant les performances) et par leur rigidité (définissant la nervosité). s'adaptant à nos besoins, le système de chaussons peut être réglable (à utiliser avec des botillons) ou chaussant (pour les pieds nus ou avec des chaussettes en néoprène).

Accessoires :

* Ballon : C'est une bouée ou planche de surface munie d'une corde avec un lest au bout. Elle sert d'accroche- poisson, de répérage pour les bâteaux et de transport du matériel de rechange.

* Gants : en néoprène, ils réchauffent et protègent les mains. D'accessoire, ils deviendront, avec le temps, indispensables.

* Torche : C'est un foyer lumineux, interdit en Algérie. Néanmoins, il permet des fois de récupérer, par exemple, une flèche perdue dans une rague sombre.

Observations : On peut considérer que la chasse sous-marine est un sport de luxe en Algérie. Pour vous donner une idée sur la cherté du matériel de chasse et pour que ceux qui ne vivent pas en Algérie auront une idée, on prendra donc en référence un salaire moyen, celui d'un instituteur par exemple; qu'on appelera M.S (moyen salaire). Bien sûr, les comparaisons seront approximatives et pour un matériel neuf.

  1. Tenue de chasse : 1 M .S
  2. Fusil ( 110 cm et avec moulinet): 1 M .S
  3. Palmes (longues) : 1/2 M.S
  4. Masque (type Beuchat): 1/5 M.S
  5. Poignard : 1/5 M.S
  6. Gants : 1/6 M.S
  7. Ceinture + plombs : 1/7 M.S
  8. Tuba (soupape): 1/10 M.S

Un rapide calcul montrera que pour acquérir le matériel nécessaire, il faut débourser 3,5 M .S ! C'est énorme.

Avis personnels : un appel est lancé aux constructeurs étrangers (Beuchat, Sporasub, ...), et c'est à leur avantage, pour "creuser" l'idée de fabriquer le matériel en Algérie. La main d'oeuvre n'étant pas chère, les produits seront accessibles. Il y a un potentiel giganstesque dans ce pays et c'est un créneau vierge et porteur.