Techniques de la chasse sous-marine
Nage du chasseur :
   

A la surface : les palmes doivent travailler toujours sous l'eau.
Sous l'eau : les jambes doivent être tendues pour un bon rendement sans se fatiguer (pas de fléchissement au niveau du genou). Les mouvements doivent être toujours très lents.
On remarque que toutes ces recommandations obéissent à deux règles intimement liées : ne pas faire de bruit, ne pas se fatiguer.

Le " canard " : c'est l'amorce de la descente sous l'eau (voir schémas plus bas).
Le canard doit être parfaitement exécuté. Un canard bien fait doit emmener le chasseur à plus de 3m sous l'eau, sans palmage . Eviter les gigotements inutiles, les éclaboussures à la surface, les jambes ouvertes, …
Tout cela fera du bruit. Le son se propage des basses vers les hautes pressions. Donc le son aussi " tombe ", comme les corps en chute libre sur terre. S'il y a un poisson en bas, il vous percevra.
D'ailleurs, on reconnaît un bon chasseur au canard, et c'est la seule opération quand voit de lui lorsqu'on l'observe du dehors.

1. chasseur allongé sur l'eau.
Conception corbusmil
2. on plie le tronc de 90° vers le bas.
Conception corbusmil
3. on élève les jambes jointives à la verticale . On pénètre automatiquement sous l'eau.
Conception corbusmil
4. attendre que les palmes soient complètement immergées pour palmer.
Conception corbusmil

Techniques de chasse : il existe 4 techniques principales pour chasser le poisson et des combinaisons de celles-ci spécifiques à tel ou tel poisson ou à des situations particulières (relief, profondeur, courant, etc.)
Chasse en pleine eau, chasse à la coulée, chasse au guet et la chasse à trou.

Chasse en pleine eau (à l'indienne) :
C'est la chasse la plus naturelle car celle appliquée par tout débutant. Avec l'expérience, on peut l'affiner jusqu'à devenir une arme redoutable.
Tel un prédateur flânant entre les rochers, se déplaçant sans geste ni bruit, les sens à l'affût du moindre indice visuel ou sonore et prêt à frapper comme l'éclair. On peut faire des rencontres intéressantes. Il faut s'aider du relief le plus possible (rochers, herbiers), de l'ombre et du courant. Etre très attentif au détour d'un rocher car fréquemment le poisson ne vous voyant plus viendra à votre rencontre et se trouvera nez à nez avec votre arbalète. A ce moment là, il faut être rapide, détendre le bras et tirer. Le face à face ne durera pas plus d'une seconde. C'est difficile mais pas impossible. Il faut avoir la foi qu'à chaque détour de rocher il y aura la pièce de votre vie.
Ainsi, j'ai eu à portée de tir mon plus gros mérou (plus d'1,50m). pourquoi n'ai je pas tiré ? il était de dos. Il ne m'avait pas senti, là tapis dans l'ombre. Le boum de son démarrage résonne encore dans mes tympans. Un jour, au détour d'un bloc, Merouane s'est tamponné avec un très gros pagre (comme celui d'Esclapez). Un autre jour, un gros mulet s'est écrasé contre le masque de Mohamed.

Chasse à la coulée :Elle vient naturellement à l'esprit lorsqu'on voit le poisson de la surface ; soit étant statique soit se mouvant très lentement. Le canard doit être très silencieux. Approcher le poisson très lentement tel une feuille tombant de son arbre. Pour cela, la masse du lest doit être étudiée car à partir de 7 à 8 mètres, on coule rapidement. Ne palmer que les premiers mètres. Si le poisson ne bouge pas, se freiner en pliant les chevilles à 90° avec le corps. Il faut s'aider le plus possible du relief pour se cacher de la vue du poisson. Presque tous les poissons sont prenables à la coulée. Si vous voyez un mérou " levé " sur sa queue, vous scrutant du fond ; il faut descendre à sa verticale. Dès qu'il amorcera le " retourné ", le tirer (si vous êtes assez prêt bien sûr). Le corb aussi se fait prendre ainsi car il reste statique entre deux eaux ; de même que la daurade, le denti des fois, le loup s'il est en posture de chasse. Quand l'eau est claire la distance entre le chasseur et le poisson est trompeuse. Le poisson vous paraîtra tout prêt alors qu'il ne l'est pas.

 

Chasse à trou : C'est la technique la plus utilisée chez nous. On inspecte les trous, ragues et fissures méthodiquement et méticuleusement. Avec de l'expérience, on aura " le sens " de la pierre lorsqu'on ne voit pas le poisson s'enraguer. On ne peut les inspecter toutes. Choisir les reliefs variables, ceux qui sortent de l'ordinaire :
- Un bloc isolé sur du sable ou sur un herbier.
- Une pente rocheuse dans une étendue uniforme.
- Un endroit calme ou abrité alors que la mer est houleuse. Et l'inverse, un endroit ou passage où il y a du courant dans une mer calme.
- Les " oasis ", au milieu du sable ou de la vase.

C'est ce qu'on appelle des " secs ". ce sont les meilleurs endroits. Souvent, ils sont hors d'atteinte des pêcheurs à la ligne du bord et des baigneurs. C'est là que tous les poissons intéressants de la région habitent.
Presque tous les poissons peuvent se prendre à trou ; mais on y trouve surtout : sars, corb, mérou, daurade, congre, murène et mustelle.
Pour ce qui est des : loups, mulets, saupes, oblades, tambours, dentis, badèches, pagre, pageaux et autres liches, on les trouve plus " dehors " qu'à trou.
Si le poisson est enragué, on a de grandes chances de le prendre. Il faut seulement respecter quelques règles simples et logiques :
- Ne pas faire de bruit (on ne le répètera jamais assez !).
- Faire attention au contact de tout ce qui est métallique avec la roche (fusil, plomb, …)
- Si possible, ne pas attaquer le trou de face mais par le côté. S'il y a une fissure verticale ou en pente, l'aborder de bas en haut. Le poisson a tendance à regarder vers le haut. On aura alors des chances de le surprendre.
- Eviter de porter votre ombre sur l'entrée du trou.
- Essayer d'avancer sur le trou à contre courant .
- Pour s'acclimater avec l'obscurité, on ferme les yeux dehors quelques secondes et on les ouvre à l'intérieur.
- Faire rentrer la tête en même temps que la flèche (au niveau du masque) pour être prêt à tirer (des fois avec le pouce).
- Ne jamais tirer sur poisson avant de le reconnaître. On ne voit que sa silhouette et on l'amène vers nous. Si c'est un mérou ou un congre, alors " adieu " à la flèche.
L'arbalète usitée doit être courte de préférence. Il est aussi préférable que le fil relié à la flèche soit dans le même axe que celle-ci (voir matériel : arbalète).
Si le fil est désaxé par rapport à la flèche, il y aura à l'arrière de celle-ci u petit bras de levier suffisant pour la faire tourner lorsqu'on exerce une traction sur le fil. S'il y a en plus un poisson au bout, il l'emportera dans des recoins inaccessibles.
Le sar , par exemple, est un poisson très vif. Il peut facilement déplacer votre flèche et la coincer dans le trou ; même un sar de petite taille. J'ai été obligé un jour de couper le fil et de l'amarrer au rocher pour revenir le lendemain récupérer ma flèche (avec une gaule munie d'un crochet). j'avais tiré sur un petit sar. Il arrive parfois qu'on trouve le poisson (sar, daurade) logé dans de petites anfractuosités de la roche ; on les embroche alors sans tirer ! Le champion du monde 1975 Titou Esclapez a trouvé mieux : il les prend à la main !

 

L'agachon :

C'est une chasse où le chasseur est statique, à l'affût, faisant le guet et attendant la venue du poisson.
C'est une technique inventée dans les années 50 par des chasseurs du midi de la France.
Et grâce à ce plus, l'équipe française s'assurait toujours les premiers rôles lors des championnats du monde de chasse sous marine !
Au début, cette technique fût inventée spécialement pour le loup ; ensuite elle se généralisera à presque tous les autres poissons.
A plusieurs reprises, le chasseur absorbé par la fouille d'un trou, remarque à l'amorce de la remontée que des poissons l'épiaient dans son dos ; et parfois de belles pièces !
De là, naquit l'idée de l'agachon. Il suffit de plonger, au fond, et d'attendre dans les meilleures conditions possibles l'apparition du poisson.

Cette méthode esr applicable surtout pour le poisson naviguant : loup, mulet, denti, oblade, daurade.. Le poisson est très curieux et de cette curiosité le perd à coup sûr. Il suffit de l'attirer. Une visibilité réduite (4 à 5m) favorise l'agachon, il faut être en bonne condition physique car l'apnée sera prolongée (40secondes minimum), la mer n'étant pas souvent au beau fixe. Si la profondeur est très faible, il faut se plomber plus que la normale. Prévoir des plombs pour rabattre les jambes. Avec un peu d'expérience et de l'observation on trouvera facilement les postes pour faire l'agachon. Ne pas hésiter à se cacher dans une rague (pour le denti pas exemple), une faille verticale, un herbier, l'ombre d'un rocher, une pointe battue par les vagues. L'arbalète devra être la plus longue possible (un tube de 90 cm est suffisant) muni d'un moulinet. Lors de la remontée, il ne faut surtout pas "traverser" le champ agachoné (ou de la desente), il faut s'abriter derrièe l'obstacle visé. Il est souhaitable d'être un Lucky Luke de la détente car le poisson arrivera de n'importe où, de profil ou de face. Mes meilleurs tirs ont été effectués de bas en haut. Le poisson ne voyant pas le chasseur, on a tout loisir pour dévier l'arbalète et viser juste. Soit on est debout accolé au tombant du rocher et ne faisant qu'un avec lu soir couché sur le dos. La bonne application de l'agachon demande de la persévérence, d'un peu d'intélligence (copiez sur le poisson) etune bonne condition physique. Bien fait, il peut rapporter gros!

Avant d'attaquer un trou grouillant de poissons, il est judicieux d'abord d'agachoner près de lui. On peut les piquer un à un sans effrayer les gros de la troupe! ensuite finir dans le trou lui même.

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