Ce site est dédié à notre oncle maternel : DELLOUCI BENYOUCEF.

Le 19 janvier 1944, naquit Benyoucef.
Le 5 Juillet 1962, l'Algérie accédait à l'indépendance après 132 années d'occupation française.
En septembre 1963, partit pour l'URSS ( à Poti, Géorgie) la première promotion d'officiers mariniers de l'Algérie libre. Mon oncle Dellouci Benyoucef en faisait partie de même que ses amis de Miliana: Haddad Abdelkader et le défunt colonel de la marine nationale Messaoudi Mohamed.
En été 1965, ils revinrent au bled; Benyoucef en qualité de chef mécanicien des chasseurs de sous-marins.
Oncle Benyoucef était un sportif né. Footballeur, il était aussi un nageur hors pair. C'était un homme à poigne, dynamique; un meneur . Il était toujours souriant! C'était un bon vivant.
Tout le monde, grands et surtout les petits l'adoraient. Nous, les petits, attendions avec impatience ses permissions ou congés car c'était ''synonyme'' de voyage. Qu'il fasse beau, qu'il vente ou qu'il neige, il nous emmenait toujours avec lui à la plage, à la montagne ou quelque part. Il arrivait toujours le soir à Miliana. Le lendemain, on le réveillait dans son lit en lui sautant dessus !
A cette époque là (1965/1968), il pratiquait assûdiment la chasse sous-marine. On peut dire qu'il était parmi les précurseurs de ce sport en Algérie libre. Il se maria à l'âge de 22 ans (août 1966). Ce fût une très grande fête.
Pendant les grandes vacances de 67, nous avons passé quelques jours chez lui, à la Madrague (Alger) où il habitait, au bord de mer. On mangeait presque tous les jours le poisson qu'il chassait. Un jour même, il nous raconta être tenté de tirer un poisson ayant un nez "long comme ça" et qu'il était plus gros que lui. Ce n'est que plus tard que je compris que ce poisson là était un espadon!
La nuit du
27 février 1968, mon oncle fût appelé à dépanner une jeep de la marine sur la Moutonnière, une avenue devant le port d'Alger. Pendant qu'il s'affairait sous le capot de la voiture, un chauffard ivre au volant d'une D.S à toute allure le percuta. Benyoucef mourût dans l'ambulance en route vers l'hôpital Maillot. Il n'avait que 24 ans. Il ne verra jamais son fils.
Un mois plus tard, début avril 68, est né mon frère qui portera le nom de son oncle maternel. A la fin avril, naîtra aussi son fils qui s'appellera aussi Benyoucef.
Dix ans plus tard, 1978, mon autre oncle maternel Aziz, après un long séjour (8 ans) en Italie et en France, revint vivre près de nous. Il reprit le "flambeau" de la chasse sous-marine! Le matériel de Benyoucef était resté intact. Tonton Aziz (natif en 50) avait fait son apprentissage du temps du vivant de son frère.
Quelques années plus tard, en 1985, on était toute une "armée" à faire de la chasse sous-marine ! L'oncle Aziz, les frères: Zeine-eddine, Malik, Mohamed, Benyoucef , Merouane et les deux fils de tonton Sahnoune (frère de Benyoucef et de Aziz ): Soufiane et Djilali.Maintenant seuls Aziz et Malik ont enterré la "hâche de guerre''. Pour nous autres, l'aventure du monde du silence continue. On ne chasse pratiquement que l'été. On habite tous la montagne ; un nid d'aigle : ''Miliana''. Le père de Soufiane et Djilali, tonton Sahnoun, est l'un sinon le meilleur chasseur terrestre de la ville et un brillant pêcheur à la ligne. Maintenant son hobby est la pêche à la palangrotte. Mes frères et moi devons cet amour à la mer à notre père qui nous emmenait camper au bord de mer dès 1963. Mon père n'a jamais chassé ni pêché mais aime énormément la mer…. et les poissons bien préparés!
Je tiens à remercier du fond du cœur ceux qui ont mis leurs expériences à la portée du néophyte que j'étais :
- Ely Boissin et Robert Stromboni, et que vive la Corse ! Tous deux, je les considère comme mes pères ''spirituels'', ils m'ont jeté leur lumière, balayant d'un trait mon ignorance. En quelques années seulement, on est arrivé à surclasser les autochtones de notre secteur qui chassent pourtant tout le long de l'année.
- Hugues Dessault, Titou Esclapez et Tony Salvatory qui resteront toujours des champions, des guides par leurs façons de penser. Finalement, le temps passe et qu'en reste t-il ? Sinon le respect de la mer et du poisson.
- Michel Duborgel, bien que son domaine soit la pêche à la ligne , il nous a apporté ce plus qui nous a énormément aidé dans notre chasse.
On est aussi des amoureux fous de la pêche sous toutes ses formes (du bord ou en barque), et ce depuis l'âge de pouvoir porter une canne.
 
CORBUSMIL 2000